Family Affair #2

Publié le par Onali

Family Affair #2

En ce moment les relations familiales sont tendues. Je ne sais pas si je dois en parler pour exorciser ou garder pour moi les incessantes tracasseries que je supporte. J'ai tellement envie de vider mon sac et pourtant je n'ose pas. Comme toujours.

Un reste de pudeur mal placée et un bon gros sentiment de honte sont les origines de mon mal. Tout garder pour moi et ça...tout le temps...

Les mariages comme les deuils provoquent, au choix, la scission totale des liens fraternels ou un rapprochement solidaire. Chez nous ça oscille beaucoup trop entre les deux extrêmes.

Ce mariage s'avère compliqué à gérer émotionnellement pour moi. Rejetée et exclue des préparatifs, pas assez chic ni assez riche, trop franche et trop bonne, trop conne et sans intérêt.

Quand les mariés attrapent un boulard pas possible et que leurs pieds ne touchent plus terre, ça me choque et ça me peine. Je ne comprends pas. Et je laisse couler. Je me tais et je me contente du minimum.

Dire oui pour ne pas passer pour une soeur indigne et méchante. Je ne me reconnais plus et je m'écoeure un peu...Ne rien dire, ne pas donner l'impression de juger par un regard ou un haussement de sourcil, rester calme et aquiescer aux rotomondades de ces narcissiques. Des tyrans en costumes de mariés, des despotes qui s'ignorent.

Ces petits riens qui mis bout à bout dessinent une montagne de grosses conneries.

Tellement loin de ma vision du monde que ça m'en donne le tournis. J'en ai le coeur qui s'émiette de chagrin. J'en souffre. Toute cette hypocrise pour une cérémonie compassée et solennelle.

Je me tais donc...Je reste en retrait, je pratique la politique de "laissons les faire à leur manière".

Moi qui ne m'impose jamais, qui a toujours peur de déranger, je me fais écraser par deux bébés immatures qui veulent jouer aux grands. Je laisse le cours des événements se dérouler, je met en oeuvre mes balbutiements de zénitude en serrant les dents et en espérant fortement qu'une fois toute cette mascarade grandiloquente terminée, je retrouverais mon petit frère.

Celui qui riait de bon coeur, qui avait mille et un projets sur le feu, qui ne disait jamais non à un bon repas entre frère et soeur et qui voyait la vie plus belle.

En souvenir de notre enfance si joyeuse et si aimante...

Je fais le deuil de tout ça en espérant que tu trouves le bonheur, le vrai, le seul et l'unique.

Publié dans Complainte

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