Family Affair

Publié le par Onali

Family Affair

Ces liens sont inextricables. On se sent parfois si loin pour aimer qu’on se demande si on appartient vraiment à cette famille et, parfois, on se sent si proches que notre cœur explose d’amour.

Notre famille ressemble à une immense partie de petits chevaux que l’on jouerait tout au long de notre vie. On se tourne autour, on se poursuit, on se fait doubler, on gagne, on triche, on rigole, on s’allie pour faire bouger nos pions et atteindre la meilleure place.

Il y a des stratégies incompréhensibles, des luttes fratricides, des moments de doutes, des colères de mauvais joueurs, des jalousies souterraines, des vengeances inopinées et des trahisons terribles.

Il y a des instants de pure joie, des rires spontanés, des blagues secrètes, des nuages d’amour, des arcs-en-ciel de bonheur et des monceaux de tendresse.

Notre famille est faite d’amour, de partages, de souvenirs d’enfance éclaboussés de soleil et de mer. Notre famille est partagée, divisée, combative et volcanique.

Au début, je ne savais que décrire ma famille comme une entité divisible, comme un torrent qui se diviserait en plusieurs ruisseaux pour atteindre un lac paisible. Sauf qu’il n’y a pas une année durant laquelle notre famille reste apaisée, douce et tranquille. Aha.

Résultat, de l’extérieur il est facile de s’y perdre, de tomber dans la crevasse de nos disputes monumentales sans l’espoir d’en ressortir indemnes. Tant pis pour le casse-cou(ille) qui s’y risque !

Cependant, chez nous, chaque enfant possède son caractère bien à lui, chacun de nos parents possède une certaine vision de la vie et lorsqu’on ajoute à cette équation, la venue au monde de quelques têtes blondes que l’on se met tous à adorer sans retenue, tout cela complique un peu le tableau familial. J’ai dit un peu ? Je voulais dire énormément. Parce que nos bébés, nos minus, nos choux à la crème, nos petits chéris entrent dans nos cœurs, et par là nous oblige à les aimer, à prendre soin d’eux et à les chérir, et ça rejaillit toujours un petit peu sur notre famille.

Nos liens sont (hélas) indéfectibles, parfois distendus, parfois trop serrés, parfois élastiques mais ces liens sont toujours là.

J’ai une famille déglinguée, une famille imparfaite, une famille de fous, une famille haute en couleur mais une famille contre laquelle peu de gens peuvent lutter. Oui, on lutte assez les uns contre les autres sans en rajouter avec les gens de l’extérieur. On ne peut pas être sur tous les fronts.

J’ai une famille et j’ai dû mal à écrire ce que je ressens au plus profond de mon cœur car chaque membre de ma famille est si lié à d’innombrables émotions, bonnes ou mauvaises, que je n’arrive pas à démêler le tout et à m’exprimer clairement. Avoir une famille, c’est compliqué. C’est difficile, fatiguant et usant. Ça vous met les nerfs en pelote, ça vous fait sauter au plafond et ça vous énerve au plus haut point. C’est tellement difficile de faire la part des choses et de prendre du recul que parfois, pour notre propre survie, on décide de partir et de se couper des uns et des autres. Pour avoir une chance d’exister par nous-mêmes, pour avoir une chance de se construire et peut-être de guérir de nos blessures. De pouvoir les aimer tous, sans en souffrir.

Avoir une famille comme la mienne c’est s’attendre à ce que chaque jour la partie recommence…

Publié dans Interludes

Commenter cet article