"Quand rentrent les marins" d'Angela Huth

Publié le par Onali

"Quand rentrent les marins" d'Angela Huth

J’ai mis plusieurs jours à digérer les émotions que m’avait provoquées ce livre merveilleux.

Il y a une citation que j’affectionne énormément, et qui décrit avec justesse mon état d’esprit lorsque j’ai refermé le livre :

« Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal » tirée du livre Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows.

Cette citation a été le reflet exact de ma pensée une fois la dernière page lue.

Et surtout de l’émotion qui m’a envahie.

Je n’avais pas envie que ce livre se termine. Jamais.

J’aurais aimé rester au coin du feu, dans un fauteuil confortable, couverte d’un plaid moelleux et écouter encore Myrtle et Annie me raconter leurs aventures.

J’ai toujours aimé les histoires de navigateurs, de pêcheurs, de mers, de naufrages, de tempêtes.

Essentiellement les récits de ses femmes de marins, qui attendent sans cesse, qui vivent avec au cœur cette angoisse de tout perdre, ce sentiment de langueur qui se brise contre les forces de la nature.

On est pris par la main, conduit et guidé par ces portraits si dissemblables de femmes que tout opposent. Une amitié déséquilibrée entre deux femmes différentes, l’une belle et frivole, l’autre quelconque et forte. Une amitié sur fond de jalousie, de haine et d’envie, mais aussi d’amour, de tendresse et de sacrifices.

Cependant, il est essentiel d’ajouter que derrière ces descriptions, on assiste au combat forcené de deux femmes pour préserver une amitié d’enfance.

C’est véritablement ce que j’ai le plus aimé : cet acharnement face aux vicissitudes de la vie pour continuer à être amie, à grandir ensemble et à partager tous ces petits moments quotidiens qui remplissent le vide des heures d’attente.

J’ai été étonnée, ennuyée, exaspérée, rageuse, triste et revancharde. J’ai souhaité bousculer les personnages, les plier à ma volonté, les forcer à faire ce qui m semblait juste et loyale.

Mais j’ai été contrainte de respecter le rythme de la vie, qui parfois prend tout son temps pour nous ouvrir les yeux et le cœur.

Merci de m’avoir fait voyager en Ecosse, merci de m’avoir dépeint ce que peut comporter comme sacrifice une amitié envahissante et nécessaire, merci de m’avoir montré que l’amour est parfois une affaire de temps et de patience.

Pour les lecteurs et lectrices avides de portraits acérés, de paysages sauvages et d’amour profond, laissez-vous tenter par la plume tendre et imperceptible d’Angela Huth. Merci.

"Quand rentrent les marins " d'Angela Huth chez Table Ronde, disponible également en Folio.

Publié dans Partitions

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Moi 15/08/2014 15:24

J'avais beaucoup pensé à toi et à nous en le lisant. C'est une superbe histoire d'amitié, d'un coup de foudre amical inexpliqué et inexplicable :)

Onali 15/08/2014 16:46

Oui cette amitié féminine m'a touché parce qu'entre nous ça a été un coup de foudre amical de dingue. Mais heureusement qu'aucune de nous ne ressemble à Annie hein ??