A la fin...

Publié le par Onali

A la fin...

Le vent souffle et agite les branches des arbres derrière la fenêtre de mon bureau. J’entends le train passer, la chèvre du voisin bêler à fendre l’âme (oui c’est bizarre je sais mais j’ai un voisin qui possède une chèvre qui bêle à longueur de journée), j’entends les corbeaux croasser et l’eau qui clapote doucement.

Tout est gris autour de moi. Les couleurs sont délavées, mais pas comme les jolis pastels que l’on admire au printemps ou en été, plutôt délavées comme trop de pluie, trop de froid, trop de nuages bas dans le ciel. L’hiver s’est installé. Froid, humide et venteux.

Cette semaine je suis fatiguée.

Cette semaine, j’ai lutté contre les éléments.

J’ai été giflé par la pluie, trempée par l’humidité ambiante et glacée par le vent. Le vent qui emmêle les cheveux bien coiffés des petites filles que je croise tout les matins, qui fait trébucher les vieillards devant la poste, qui nous coupe le souffle sur le quai, et qui nous fait remonter notre fausse fourrure synthétique dans un sursaut ensommeillé.

J’ai été malmené par tous ces bruits qui polluent mon environnement sonore, les grincements des freins, les klaxons qui surprennent, la musique trop forte pour masquer le ronronnement métallique du train. Les portes qui claquent, les téléphones qui sonnent bruyamment dans les espaces dépeuplés des bureaux en enfilade, les conversations douces-amères qui se tiennent devant la machine à café, les pas pressés des gens qui descendent des quais, les parapluies qu’on n’arrivent pas à ouvrir, la foule, les fonds sonores sirupeux qui collent aux oreilles quand on va faire les courses.

J’ai été bousculé par ma famille, ignorée par certains, vitale pour d’autres.

J’ai été assailli par le quotidien, le lave-vaisselle à lancer, les machines à ne pas oublier, la poubelle à vider, les armoires à trier, les panières à ranger, les repas à prévoir.

Et courir après le temps, le soleil, la lumière, le sommeil, le bien-être, la chaleur.

S’obliger à trouver un moment pour vider son esprit, se câliner paisiblement à la lueur des guirlandes de Noël, caresser la douce fourrure du chat mignon, téléphoner à sa copine enceinte, rêver, méditer, jouer, écrire.

Anticiper le plaisir des soirées familiales qui approchent, rire d’un bon mot, découvrir de nouvelles séries, regarder les livres qui s’accumulent comme les prémices des moments extraordinaires que l’on va vivre.

Manger des chocolats, tendre l’oreille aux chansons joyeuses, s’inscrire à un énième concours, soutenir sa sœur chérie, donner son avis, oser dire non et pas maintenant, se réjouir que chacun aille bien, soit en pleine santé et vaillant, choisir et préparer soigneusement la dernière soirée de l‘année.

Ouvrir ses bras et son cœur pour engranger encore et encore de l’amour 2014.

Se sentir reconnaissante d’être aimée par Lui et par Eux. Remercier sa bonne étoile.

Publié dans Lied

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