Persévérance je suis ton nom...

Publié le par Onali

Tu es là devant moi. Nos projets avortés en tête. Un pauvre sourire crispé sur les lèvres. Tu me tends la main et m’attire au creux de tes bras.

Je le sais aussi. Il faut attendre. Attendre parce qu’on ne s’imagine pas le faire…comme ça. Bancal, de guingois, la peur au ventre et le cerveau qui vrille. On le sait bien.

Encore un refus, l’absence de réponse, le silence dédaigneux. Et nous deux.

Là. Immobiles, à affronter la vie.

Elle pique dis-tu. Bien d’accord. Parfois, elle t’arrache les tripes, te gifle violemment, te tire vers le bas. Ce gouffre. Ce puits sans fond. On la prend de plein fouet, on la subit, on essaie de l’enfiler comme une veste trop serrée, mal taillée, aux finitions fragiles. Nos projets et nos rêves.

Pas pour tout de suite. Pas maintenant. Pas encore. On est là, comme abandonnés au bord de la route du Bonheur, semblables aux objets indéfinis que l’on remarque du coin de l’œil. Une forme floue aux couleurs irréelles. On n’a pas pris le bon wagon. On roule à côté. A côté de tous ceux qui « font » au lieu de rêver. On fait les choses à notre rythme.

Tu me le répète souvent. Et tu me serre fort. Me console. Me donne la force de continuer à avancer, chancelants, en retard sur tout le monde. Avec eux sans vraiment l’être. Ils sont tous un peu indifférents, la tête prise par autre chose, l’enthousiasme chevillé au corps et des jugements trop étroits plein la bouche. « Fais comme ça », « Moi je… », « A priori » (c’est ma préférée), « Comme même » (petit clin d’œil), «À mon avis », « Je ne veux pas être désagréable mais… ». Toutes ces choses dites, sous-entendues, mal exprimées, assommantes.

Ces petits mots et ses grands espoirs. Ces petits maux et ses grands désespoirs.

On n’abandonne pas. On serre les dents et on avance. Comme face à la pluie qui nous cingle les joues.

Arriver enfin à bon port. Et me blottir dans le creux de ton corps.

Havre d’amour dans l’ivresse des beaux jours.

Publié dans Lied

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