Je t'attends

Publié le par Onali

Je t'attends

Je ne sais pas comment te réconforter. Ce que je pourrais dire n’est rien en comparaison de ce que tu vis. Je ne sais plus bien les mots, les phrases qui consolent, les gestes d’affection. Je n’ai plus l’habitude. Je crois que j’ai oublié.

Et j’en suis désolée. Pour toi et pour moi.

J’ai oublié ce que c’était d’être célibataire.

J’ai oublié ce que c’est d’avoir envie de rencontrer quelqu’un, une envie tellement profonde et impérieuse qu’elle envahit ta vie sans répit.

Elle te tord le ventre, elle fait briller tes yeux, elle te sort de ta carapace.

Il te manque un petit truc. Un truc d'amour, un truc de fête, un truc de "moi aussi j'en fais partie hein"

J’ai oublié ce que c’était de rentrer chez soi et de ne pas recevoir ces petits textos qui illuminent les fins de journée moroses.

J’ai oublié cette sensation au creux du ventre, quand on rencontre quelqu’un et qu’on se dit « et si c'était lui… ».

J’ai oublié la force de l’imagination, les rêves qui tourbillonnent et s’envolent comme des bulles de savon dans les airs. Et la facilité avec laquelle ils peuvent éclater et retomber en gouttes d’eau comme ces larmes que tu caches au creux de ton cœur.

J’ai oublié l'extrême précision quand il s'agit de se faire belle, d’être coquette et féminine. Ne rien oublier, toujours rechercher la perfection, le détail qui attire l’œil, les paillettes qui envoûtent.

J’ai oublié ces moments précieux de préparation, ces « avants-moments » girlys, ces instants délicats entre attente et espoir.

J’ai oublié ce qu’est la rencontre, en soirée, au travail, dans la rue, dans le métro.

Ces regards qui se croisent, ces papillons dans le ventre, ces sourires légèrement esquissés, ces mains qui se frôlent. Les corps qui se rapprochent pour une danse du plaisir un peu différente des précédentes.

J’ai oublié les flirts, la drague un peu lourde, la recherche du "bon spécimen", les exigences folles, les comportements culottés, les câlins furtifs, les baisers sauvages, les rapprochements discrets.

J’ai oublié les discussions interminables pour juger, analyser, décortiquer les rendez-vous qu’on a eu. Les mots, les phrases, les intonations de celui qu’on a rencontré. Les ébauches de sms, les conseils des copines, ceux qu’on garde et ceux qu’on écarte d’un geste bref de la main. N’importe quoi, elle ne peut pas comprendre, elle n’est pas à ma place.

Mais j'ai également oublié cette pointe de tristesse qui t’envahis quand tu rentres, encore, seule.

Ces lendemains de soirées qu’on passe à espérer et à attendre. Notre téléphone à côté de nous, faussement oublié sur la table basse, les rituels et les mantras répétés jusqu'à l’écœurement. Ces ratés, ces loupés, ces "excuse moi mais c'est quoi ton prénom déjà?", ces « dommage, il est déjà pris » et ces « non je ne suis pas prêt ». Quand ce n'est pas un silence dévastateur qui emplit l'atmosphère en te laissant désemparée.

Cette vie qu’on remplit comme on veut, comme on peut: avec la famille, les amis, la cuisine, les sorties, le ciné, les rires, les voyages, les animaux, les livres.

Une vie sociale trépidante, un travail passionnant, une famille réconfortante.

Et l’espoir. Toujours. Encore.

Et pour toutes ces journées durant lesquelles tu ne ressens plus ce foutu espoir, ces journées durant lesquelles tu te sens vidée, fatiguée, épuisée, moralement abasourdie, incomprise, seule et triste.

Ma porte t’est toujours ouverte, mon lit t’accueille à bras (draps) ouverts et ma réserve de thé se languit de toi…

P.S : Et cet espoir parfois si volatile, et bien moi je le porte encore en moi.

Pour toi.

Publié dans Lied

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Marie 26/01/2015 14:45

Bravo pour ce témoignage d'amour/d'amitié tellement touchant. Je suis amie avec des trentenaires célibataires et je me rends compte que... moi aussi j'ai malheureusement oublié. Pour elles donc.

Onali 26/01/2015 18:51

Merci de ton commentaire, je suis contente que cela trouve un écho en toi. ☺