Blues

Publié le par Onali

Blues

Aujourd'hui je suis dans l’ambiguïté la plus totale. Partagée entre une belle flambée de joie et un certain malaise. Exaspérée d'un rien et heureuse de partager un aussi joli moment.

On me dit que je suis jalouse. Envieuse. Qu'il faut que je prenne du recul (jusqu'à tomber de la falaise certainement) et de ne pas me prendre la tête (ouais grave). C'est une vision un peu trop simpliste pour moi. Désolée.

Je ne le sens pas ce truc.

Trop d'apparat, de paillettes et de décorum. Pas assez de profondeur et de sincérité. Tout est dans l'image, le "je-j'en-jette-plein-les-yeux", le bobo chic pour des incultes coincés dans les années 90 (j'aime bien ces années hein mais je préfère la modernité de maintenant quand même). Trop vite, trop tape-à-l’œil, trop hystérique.

Je ne le sens pas.

Je sais bien. C'est le deuil de ma vie. Je n'étais peut-être pas prête à le subir et le voir partir dans des projets qui ne lui ressemblent pas. Au demeurant il ne sait pas vraiment choisir le stable et le rassurant. Il préfère les chemins de traverse et la nouveauté (grand bien lui fasse mais si il pouvais éviter de m'embarquer dans ses conneries). Il est impulsif et s'engage trop vite sur le chemin de la facilité, se réfugiant dans les jupons des femmes pour qu'elles réparent vite vite vite ses erreurs.Tu comprendras qu'il est surtout intéressé mais bien plus tard...

Je me dis qu'il n'est plus lui-même, comme projeté hors du temps par des traditions auxquelles il s'est toujours défendu d'adhérer. Tête la première, sans trop réfléchir et en traitant maintenant les autres de haut. Incompréhensible.

Incompréhensible mais prévisible. Je l'ai toujours dit, il a une âme de prêtre médiéval austère sans la moindre tolérance aux péchés de la masse moutonnante qu'il doit conduire sur les voies de la rédemption. Amen mon frère.

Il est devenu si rigide, si exempte de compassion et de souplesse que ça en est effarant. Oui effarant. J'écarquille des yeux affolés quand je l'entends se prendre pour Le Parrain et tenter de briser l'obstination dont je fais preuve face à ses exigences rocambolesques.

Peut-être n'est-ce qu'une phase de sa vie durant laquelle il a besoin de couper court à toute velléités familiales. De briser ce carcan qu'il s'est lui-même forgé et de prendre le large vers de nouvelles aventures dans la famille qu'il se construit. Je comprends ce besoin pour l'avoir vécu et parfois avoir été blessante avec ceux qui m'entoure. Prendre son envol est parfois douloureux pour ceux qui le vivent et ceux qui le subissent de manière collatérale.

Ceci dit, ce n'est pas pour autant que j'accepte et que j'adhère. Il est inutile de jouer aux grands quand on a pas encore dépassé le jardin d'enfant question stabilité émotionnelle.

Pour finir, j'espère de tout cœur qu'une fois le grand événement terminé, je pourrais retrouver le complice de mon enfance délesté de ses quelques kilos de suffisance pris ces derniers mois.

Publié dans Complainte

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