Ľ élégance d'une fin particulière

Publié le par Onali

Ľ élégance d'une fin particulière

Elle referme doucement la porte et contemple le bois brut sans sourciller. Elle pose doucement sa main et caresse les aspérités.

Elle se dit que ça s'est plutôt bien passé. Pas de heurts ni de cris. Pas de drames, ni de pleurs. Juste une intériorité fragile, sans montagnes russes. Une rupture nette et sans émotions. Non ce n'est pas le mot juste. Il y a eu de l'émotion mais pas de celle qu'on attends.

Une rupture simple. D'une clarté confondante. Plus d'amour, plus de tendresse, plus de passion. Juste un constat décevant.

Il était très gentil. Très simple. Pas beaucoup de profondeur, ni de complexité dans ses sentiments. Un caractère et une personnalité lisse comme une mer d'huile. Et son lot de phrases toutes faites qui se suivent en une farandole de clichés.

Fade. Sans saveur. Il aurait été brisé par son caractère fougueux. Ses exigeances d'amour passionnelles, son envie de feux d'artifice quotidien. Oui elle le sait bien, une vie de couple se construit sur bien d'autres choses que la passion des débuts. Mais justement il n'y avait pas beaucoup de passion dans leurs débuts. Une amitié complice, une sexualité plate et sans surprise, gentillette quoi. Rien de très folichon.

Les yeux qui pétillent, la main qui caresse, l'odeur d'une peau le matin encore endormie. Un rire heureux, des bras chaleureux, une oreille attentive, paume contre paume, front contre front et corps entrelacés au coeur de la nuit. Elle ne ressentait rien. Et cela lui manquait.

Rien de tout cela n'existait vraiment entre eux. Une frustration de plus en plus importante. Que rien de contrebalançait.

Vient alors le moment de prendre une décision. Quand le coeur s'emballe devant un film, une musique, un homme croisé dans un bar. Quand la tentation d'aller rêver d'une autre histoire d'amour se fait de plus en plus ressentir. Alors il est temps. Temps de l'appeler et de lui dire ces quelques mots maladroits. D'une honnêteté quasi brutale mais bénéfique. Ses yeux qui s'agrandissent, un hochement de tête vague, une tirade gênée pour clore tout débat stérile.

Et la porte qui se referme. Comme un poème qui se finit sur une histoire pas comme les autres. Une histoire simple et sans complication.

Une histoire d'amour évanescente et subtile, comme un souffle d'air dans le ciel.

Publié dans Partitions

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