Lui

Publié le par Onali

Lui

C’était ses premiers mots.

À cinq heures du matin, il m’a murmuré ces mots magiques qui font chaud au cœur. Puis il s’est levé pour aller affronter le froid hivernal et partir pour une longue journée de travail. Je me suis blottie un instant contre lui, sentir encore sa force et sa douceur avant de n’avoir plus qu’un espace vide à côté de moi. Je me suis blottie dans la chaleur restante des couvertures et j’ai fermé les yeux en écoutant les bruits quotidiens du matin. Le chamignon n’a pas résisté et s’est enroulé près de ma tête, au chaud sur mon drap tout propre. J’ai entendu ses ronronnements, une porte claquée au loin et je me suis rendormie.

Plus tard, au boulot, j’ai reçu les sms habituels. Les franchouillards, les étonnants, les émouvants, les choupinous, les mutins, les tendres. Mon cœur a fait des bonds, mon visage s’est illuminé, mes yeux ont pétillé.

J’ai eu de petites surprises délicates, des attentions exquises, des rires vite étouffés. Des rappels, des souhaits, du bonheur. Les cliquetis du clavier, les froissements de feuilles, la bulle qui t’entoure durant toute la journée.

Puis ces messages échangés entre Lui et moi. Organiser notre soirée, les « Tu as besoin de quoi ? », « Oui d’accord, on fait comme ça », « J’ai trouvé ton cadeau ma chérie », « Reviens vite tu me manque ».

Puis sortir du boulot, se faire gifler par le froid, sentir ses mains s’engourdirent et fouiller vite vite dans son sac à main pour les récupérer. Jurer devant le fouillis inextricable, râler contre ce temps, les trouver et les enfiler maladroitement.

Essayer d’allumer son portable avec ses drôles de mains. Pester intérieurement. Voir s’afficher Son texto, le lire et être émue.

Oui, j’arrive. Je me dépêche.

Attendre sur le quai, le vent glacial qui fait pleurer les yeux, la musique à fond dans les oreilles et les pieds qui s’agitent. Avoir hâte.

S’engouffrer dans la chaleur piquante du wagon, trouver une place du côté que l’on aime, changer de musique, observer les quatre copines qui gloussent devant un garçon.

Sentir la fatigue m’envahir mais rester avide de tout, les yeux écarquillés devant le temps qui passe, pour continuer cette journée unique. Tressaillir aux cahotements du train, le brouhaha ambiant, la chaleur qui ramollit et les stations qui défilent. Le paysage qui ondule, la nuit qui s’installe par petites touches, les ombres qui s’ajustent.

Je sors du train, je marche vite, je n’aime pas être prise dans le flot des voyageurs. Je marche à petits pas pressés pour rentrer et me lover dans la chaleur réparatrice de mon chez-moi. Où m’attendent mes amours.

Prendre le temps d’admirer cette vue qui me fait frémir chaque jour. Le soleil qui se couche orne les maisons d’un halo coloré presque méridional. J’ai folle impression d’entendre un accent qui chante au loin. Mais il faut que je me hâte.

Je descends, je monte, je me glisse entre les voitures mal garées, je jette un œil avant de traverser une route, je fais « Minou Minou » au chat qui monte la garde sur son muret, je m’élance au-dessus du petit pont et je finis ma course échevelée en ouvrant ma boîte aux lettres. Certaines habitudes ont la vie dure. Même ce jour.

Puis je monte les deux étages, je prends le temps de respirer, je gratte doucement à la porte, juste pour entendre chamignon miauler et j’entre.

Il est là. Mon grand, beau et fort Chéri.

Il a tout prévu, il s’agite, me fait un bisou, me redis ces jolis mots qui réchauffent non seulement mon cœur mais aussi tout le reste. Heureuse et apaisée, je m’installe et je le regarde. Lui.

Il s’affaire, il prépare, il coupe et met en place. Il me raconte sa journée, notre discussion dérive de ci de là. Ces moments si intimes. J’en ai le souffle coupé de bonheur. Je râle un peu. Pour la forme. Pour qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me câline et me rassure.

Je l’aide un peu. J’installe quelques petites choses qui n’ont aucune importance. Juste pour faire beau. Il me dit que c’est prêt. On s’installe, face à face, à cette table qu’on adore. Qu’on a choisit avec soin. Symbole de notre nouvelle vie.

Il ouvre une bouteille, me sers un verre et me tends mon assiette.

Ses yeux croisent les miens. Je suis fascinée par leur couleur si opposée à la mienne.

Semblable à cette eau si pure des rivières de Corte.

J’aime tout de Lui. Et depuis bientôt neuf ans.

Il me sourit, me caresse doucement la joue et me dis « Joyeux anniversaire ma petite chérie ».

Publié dans Lied

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Illyria 17/03/2015 21:37

Jolie histoire amoureuse! C'est beau...

Onali 17/03/2015 21:44

Je l'ai attendu et espéré et maintenant j'écris pour mieux me rendre compte...merci...☺

Illyria 17/03/2015 21:36

Jolie histoire amoureuse! C'est beau...